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Pur coup de coeur

Un beau “share” en bonne et due forme, d’un blogue auquel je suis abonnée. Très magnifique, trop fantastique. Ça c’est du crochet, madame! Vive le street art!

À vous, mamies

Dernièrement, j’ai participé à un bazar écolo-artistico-vieux trucs dans une église reconvertie en centre communautaire, quelque part loin de la ville. Il y avait : des gentils organisateurs, de la bonne bouffe maison végé, préparée avec amourrr, du beau soleil qui filtrait par les vitraux rétro-kitsch…et peu de visiteurs.

Comme ça arrive parfois quand je participe à ce genre d’événement, j’ai profité de la tranquilité pour magasiner un peu parmi les autres kiosques. Une table a attiré mon regard. Y étaient disposés toute sorte de trucs fraîchement sortis du grenier, mais bien conservés:  raquettes à neige en bois et “babiche”, fourrures, châles et couvertures de laine, pantoufles…

Puis, mes yeux sont tombés sur LA trouvaille du siècle.

Une courtepointe, une vraie là, faite à partir de robes et jupes de laines récupérées, un «bel ouvrage» qui prend honteusement trop de temps à faire, d’ailleurs c’est sûrement pourquoi on n’en fait plus aujourd’hui…
La veille dame qui la vendait m’a raconté comment cette couverture constituait l’ultime projet de couture de trois encore-plus-vieilles dames, dans la jeune quatre-vingtaine. Les trois dames l’avaient réalisée avec l’idée ensuite de remiser leurs machines à coudre pour toujours, donc en pleine conscience que c’était la dernière chose qu’elles allaient coudre à vie. Ça m’a fait bizarre, comme si j’avais accès au testament créatif de trois douces fées-marraines, de même là, sans que ça passe par la famille au préalable…
La dame qui la vendait m’a expliqué que la couverture était destinée à son propre fils, mais qu’il n’en avait pas voulu…(préférant peut-être garder son nouveau kit de couvre-lit IKEA ?…)
J’ai timidement posé la main sur la courtepointe, en observant les jolis motifs quelques instant. Puis j’ai tendu mes sous à la dame, n’en revenant pas encore du montant ridicule qu’elle demandait pour ce fabuleux morceau d’histoire. Elle m’a regardé avec ses grands yeux bleus, puis m’a dit avec un sourire sincère : « en tout cas, je suis contente que ce soit vous qui la preniez. Vous êtes une bonne personne.»

Chères mamies, une chance que vous existez pour combler les bouts d’existence où je m’ennuie de mes grand-mamans en voyage dans le ciel.